Une étincelle dans vos iris

Quelques rencontres esthétiques à partager...

04 janvier 2009

Le Joueur (Dostoïevski, 1866)

Très largement inspiré par la propre biographie de Dostoïevski, ce récit aux traits de crayon parfois un peu trop appuyés semble contenir en germes toutes les thématiques chères à l'auteur. Frénétique passion qui anime le héros puis le laisse apathique comme après une fièvre, le jeu le dépossède de sa virilité au moment même où il paraît être le seul espoir pour séduire la femme aimée.
Belle métaphore sur le désir, cet opus exalté offre une esquisse du caractère russe, au travers du Joueur comme de son double, la grand-mère autoritaire et détentrice du pouvoir, qui se laissera ruiner pour vivre cette passion impromptue.

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28 juillet 2006

Ferdydurke (Gombrowicz, 1937)

Quel sujet ? tout commence lorsque notre narrateur trentenaire retourne en adolescence, par phénomène de "cuculisation"...

Pourquoi c'est à lire d'urgence, et particulièrement quand on n'est pas dans sa meilleure forme : en premier lieu, tout simplement parce que c'est drôle et que je suis à peu près certaine que vous n'avez jamais rien lu de semblable. Gombrowicz manie le langage avec brio et s'en sert pour faire exister l'absurdité cocasse de certaines situations sociales... On peut penser au délire le plus absolu, surtout quand des chapitres entiers s'éloignent en apparence totalement de la trame d'ensemble déjà elle-même tellement décalée, mais c'est précisément par ce biais que cet auteur polonais incontournable parvient au coeur de questions capitales : ainsi Gombrowicz a-t-il pu affirmer qu'en psychologie, "l'homme crée l'homme". Riant de vérité, aurais-je envie de dire...

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04 juillet 2006

24 heures dans la vie d'une femme (S. Zweig)

Les grandes lignes : avant tout, l'histoire d'une rencontre humaine comme il s'en produit peu dans une vie.

Pourquoi j'ai aimé : ce court récit du très talentueux Zweig m'a fait retrouver le rythme finalement assez enlevé du Joueur d'échecs avec son récit emboîté. Tout paraît très juste, alors que la thématique intimiste pouvait laisser craindre quelques excès dans le traitement des sentiments de l'héroïne. On ne peut que vibrer avec elle et même trembler jusqu'à la dernière page : ce livre est avant tout là pour nous rappeler la beauté et l'intensité d'une relation entre deux êtres humains que rien ne destinait à se rencontrer. Fugace, mais marquant, à l'image de ce récit.

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